Revendre des livres d’occasion : impôts, déclaration et micro-entreprise
Vendre les livres dont on ne veut plus n’est en général pas imposable. Les acheter pour les revendre, même par petites quantités, est une activité commerciale qui se déclare. Chiffres en vigueur en octobre 2026, chacun avec sa page officielle.
Vos livres, ou des livres achetés pour les revendre
- Vous vendez des livres dont vous ne voulez plus : une bibliothèque qu’on vide, des livres lus. L’administration indique que ces ventes ne sont en général pas imposables. Pour les autres objets que la voiture, les meubles et l’électroménager, service-public.fr précise qu’un impôt n’est à craindre que si vous vendez pour plus de 5 000 € et plus cher que vous n’avez payé.
- Vous achetez pour revendre : un lot en vide-grenier, des caisses chez Emmaüs. Ces ventes sont imposables et doivent être déclarées. Le Code de commerce range « tout achat de biens meubles pour les revendre » parmi les actes de commerce, et appelle commerçant celui qui en fait sa profession habituelle (article L121-1).
Les seuils de 30 ventes et de 2 000 € de la déclaration des plateformes ne sont pas la frontière entre les deux cas. Et un revenu accessoire est imposable quel que soit son montant.
La déclaration des plateformes (DAC7) : ce qu’elle déclenche
Une directive européenne, DAC7, oblige les plateformes à transmettre chaque année à l’administration fiscale ce que leurs vendeurs ont encaissé. Les seuils : 30 ventes ou plus, ou plus de 2 000 € encaissés dans l’année, sur la plateforme concernée (impots.gouv.fr). Au-dessus, la plateforme transmet le nombre d’opérations, le montant net perçu et les frais prélevés, et ces montants alimentent votre déclaration pré-remplie. La plateforme doit aussi vous adresser un récapitulatif de l’année avant le 31 janvier.
Ce que cela ne veut pas dire : « Ces seuils ne signifient pas automatiquement que les sommes sont imposables ». Exemple de l’administration : 32 vêtements d’enfant vendus dépassent le seuil de 30 et restent exonérés, car ce sont des biens personnels. À l’inverse, rester sous les seuils ne règle rien : l’absence d’information dans la déclaration pré-remplie « ne vous dispense pas d’avoir à déterminer le caractère éventuellement imposable des sommes perçues » (impots.gouv.fr).
Les plateformes demandent aussi de se déclarer
Vinted écrit que « tout professionnel doit se déclarer en tant que vendeur Pro » (guide Vinted Pro) et peut bloquer l’accès d’un compte qui remplit les critères sans s’être inscrit. Sa page sur les comptes bloqués cite « la vente d’articles à des fins commerciales » parmi les raisons d’un blocage temporaire, de 7 à 30 jours selon le motif (aide Vinted). leboncoin indique dans ses conditions d’utilisation que vendre des objets achetés pour les revendre peut faire de vous un professionnel, qui doit alors ouvrir un compte pro. Ces règles sont celles des plateformes, pas celles de l’impôt.
La micro-entreprise en achat-revente, chiffres 2026
- Déclarer l’activité en ligne sur le guichet des formalités des entreprises : au plus tôt un mois avant le début, au plus tard 15 jours après. Pour une activité commerciale, l’inscription est gratuite (service-public.fr).
- Plafond : le régime s’applique en 2026 si votre chiffre d’affaires hors taxe de 2025 ou de 2024 n’a pas dépassé 203 100 € pour la vente de marchandises (service-public.fr).
- Cotisations : 12,3 % du chiffre d’affaires, déclaré chaque mois ou chaque trimestre sur autoentrepreneur.urssaf.fr, même à zéro (service-public.fr).
- Impôt sur le revenu : par défaut, le bénéfice imposable est le chiffre d’affaires moins un abattement forfaitaire de 71 % (305 € au minimum), déclaré sur la 2042 C PRO (service-public.fr). Soit 29 % des recettes imposés avec vos autres revenus : l’abattement tient lieu de frais, le prix d’achat des livres ne se déduit pas en plus.
La TVA : franchise en base, et réforme abandonnée
En franchise, vous ne facturez pas de TVA. Pour la vente de marchandises, les seuils de 2026 sont de 85 000 € de chiffre d’affaires sur l’année précédente et de 93 500 € sur l’année en cours. Si vous franchissez 93 500 € en cours d’année, vous devenez redevable de la TVA à compter de la date du dépassement (impots.gouv.fr, service-public.fr). Ces seuils ne suivent plus ceux de la micro-entreprise : on peut rester en micro pour l’impôt et devoir facturer la TVA.
Le seuil unique de 25 000 € voté dans la loi de finances pour 2025 n’est pas appliqué : la loi du 3 novembre 2025 a fixé dans le code les seuils par activité, et la page de service-public.fr vérifiée le 1er janvier 2026 écrit que cette proposition « a été abandonnée ». Le budget 2027 se prépare : relisez ces seuils en début d’année.
Factures, livre des recettes et registres
- Facture : pour une vente de biens à un particulier, service-public.fr la dit obligatoire à la demande du client, et cite aussi les ventes à distance (page sur la facturation). En franchise, elle porte « TVA non applicable » et l’article du code : depuis le 1er septembre 2026, l’article L. 223-3 du code des impositions sur les biens et services (CIBS) ; l’ancienne mention « art. 293 B du CGI » reste tolérée jusqu’au 31 décembre 2027.
- Livre des recettes : chaque recette dans l’ordre, avec son montant, son origine (le client), son mode de règlement et la référence de la pièce, par exemple le numéro de facture ; total tous les 3 mois. Pour les ventes à des particuliers de moins de 76 € l’unité, une inscription globale en fin de journée est admise (service-public.fr).
- Registre des achats, pour qui vend des marchandises : le détail chronologique de vos achats, avec le mode de paiement et la référence des justificatifs. Un achat en vide-grenier ne donne pas de facture : c’est dans ce registre qu’il se consigne. Pièces à conserver 10 ans.
- Registre d’objets mobiliers (dit registre de police) : toute entreprise qui vend des biens d’occasion acquis auprès de particuliers doit le tenir, après une déclaration préalable à la préfecture.
- Mention « occasion » : un professionnel qui vend des livres d’occasion à distance doit porter cette mention et distinguer le neuf de l’occasion à chaque étape de l’achat. Les deux règles sont sur la page de service-public.fr consacrée à la vente de biens d’occasion.
Ce que Rectofil tient pour vous
Rectofil rassemble les ventes de toutes les plateformes dans un registre : date, plateforme, prix, port, frais de la plateforme, prix d’achat si vous le saisissez, marge. Il numérote chaque facture, dans l’ordre et sans trou, et exporte le tout en tableur pour votre comptable. Il ne calcule aucun impôt, ne tient pas votre registre des achats et ne remplace pas un comptable.
Ce guide informe, il ne tient pas lieu de conseil pour votre situation. Les chiffres changent chaque année : pour un cas précis, voyez votre service des impôts des entreprises, l’Urssaf ou un expert-comptable.
Rectofil remplit la fiche du livre à partir du code-barres, publie l’annonce sur Vinted, leboncoin et BookVillage, et quand le livre se vend sur l’une, vous propose de retirer les autres. Les quinze premiers livres sont gratuits.